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Psychologue en service de chirurgie digestive

Notre collègue reçoit Psyclihos dans son bureau au 11ème étage de la « grande tour » de Bichat. Aujourd’hui, elle va nous parler de son travail dans le service de Chirurgie Générale.

Valentine Hotton est psychologue à temps plein à l’Hôpital Bichat Claude-Bernard dans les Services de « Chirurgie Générale et Digestive », « d'Hépato-Gastroentérologie » et de « Néphrologie ».

Les pathologies

Une partie des patients hospitalisés en service de Chirurgie Digestive souffrent d’obésité et viennent pour une chirurgie « bariatrique » : la slive ou le bypass.
Une autre partie des patients viennent pour des urgences digestives, cela va de choses plus bénignes comme des appendicectomies à des interventions sur les tumeurs dans les cas de cancers digestifs.

Les patients

La population de patients est très variée et la psychologue peut rencontrer des jeunes adultes jusqu’aux personnes âgées et de toutes origines et milieux socio-culturels.

Les principales interventions auprès du patient

En chirurgie de l’obésité, Valentine Hotton propose en systématique un entretien psychologique la veille de l’intervention. Il y a une dimension d’évaluation mais aussi « la possibilité pour le patient de s’arrêter dans sa démarche ». La psychologue essaie de les aider à parler « de ce qui les amène ici » afin d’introduire un peu de pensée et de réflexion dans des démarches qui demeure très centré sur le corps et la perte de poids. Ces entretiens revêtent aussi une dimension de prévention dans le sens où il y a des explications données sur tout ce qui est mis en place à l’hôpital Bichat sur la prise en charge des troubles du comportement alimentaire. En post-opératoire, ces patients peuvent être revus à leur demande ou à celle de l’équipe.
En chirurgie digestive, la psychologue est sollicitée pour des situations de psychotraumatisme pour des patients qui viennent suite à des plaies par balles par exemple et lors de découvertes fortuites de cancer notamment dans les cas d’occlusion intestinale. Dans les situations d’annonces et/ou de décès la psychologue peut être amenée à rencontrer les familles.
Ces entretiens ont lieu en hospitalisation mais aussi en consultation externe pour un suivi. Le travail en salle est très différent du travail en externe. Valentine nous dit « qu’en hospitalisation il faut avoir en tête que cela peut-être une rencontre unique ». Il s’agit plutôt « d’un travail de contenance sans véritable réflexion ou volonté d’analyse de la situation de la part du patient. » En externe, les patients ont une demande plus soutenue et « quelque chose de stable dans le cadre s’instaure, un véritable travail psychique peut s’opérer. »
Dans les cas de cancer, les patients qui reviennent en consultation sont ceux qui ont étés rencontrés en hospitalisation. Dans le cadre de la chirurgie de l’obésité les patients peuvent être orientés avant l’opération par leur chirurgien ou par le psychiatre qui les a vus lors de l’évaluation préopératoire. En postopératoire, les patients peuvent être orientés suite à une reprise de poids. Dans ces cas, les chirurgiens orientent vers Valentine Hotton pour une psychothérapie plutôt que de proposer une nouvelle opération. Dans son service, la nécessité d’une prise en charge psychologique pour ces patients est tout à fait reconnue des chirurgiens. Mais parfois, malgré les explications du médecin et l’orientation vers le psychologue les patients, pour qui la chirurgie n’est est pas une réussite peinent revenir après une première consultation. Ce sont souvent des « personnes fragiles et très isolés ayant des difficultés à accéder à leur propre monde interne, ils n’ont pas ce désir de comprendre ce qui se passe en eux nécessaire à l’abord psychothérapeutique. » Par ailleurs, de nombreux patients entreprennent un suivi psychologique avant l’opération et le poursuivent dans par la suite.
En plus de ces prises en charge individuelles, deux groupes de paroles par mois sont ouverts pour permettre aux patients de «  parler d’eux au-delà du poids » et d’évoquer « leurs troubles des comportements alimentaires. »

Spécificité de cette clinique

Valentine Hotton nous dit que « chaque rencontre est différente et ne ressemble à aucune autre en chirurgie digestive ou ailleurs ». Elle prend un temps pour réfléchir et complète : « peut-être ce qu’il y a de spécifique c’est qu’il s’agit d’une clinique du somatique qui a un pied dans la psychiatrie. C’est-à-dire qu’à la fois le corps est très largement touché chez les obèses mais ils sont la plupart du temps atteints de troubles du comportement gravissime. » La présence systématique de trouble du comportement alimentaire chez les patients obèses fait débat. En effet, son sentiment est que « la plupart des patients obèses souffrent de troubles du comportement alimentaire. » En quatre ans, tous les patients obèses qu’elle a rencontrés présentaient des troubles du comportement alimentaire. Mais, la question « continue de faire débat. » Certains pensent qu’il y a « des obésités génétiques, physiologiques ou environnementales. »

© Psyclihos - Association des Psychologues Cliniciens Hospitaliers de l'AP-HP